03/02/2011

Récit de la naissance de poussinette

Le terme de la grossesse était prévu pour fin janvier. 

Lors d'une visite chez mon gynécologue fin décembre, il m'annonce qu'il sera en congé début janvier et qu'il reprendra le travail le 12.  Grrrrr, et moi qui aurais bien aimé que cet accouchement se déroule en sa présence, il va falloir que bébé patiente et qu'il arrive après le 12, et en journée (mon gynécologue n'est pas de garde cette semaine-là).  Lapinet étant arrivé à 37 SG, j'imaginais une naissance avant terme aussi.

Les jours passent, et le 12 aussi, chouette!

Lors de la visite du 12 décembre, le gynécologue m'annonce que j'ai des petites contractions (que je ne sens pas), que le col est effacé + ouverture de 3 cm et … qu'il sent la tête du bébé!  La naissance sera donc pour les tous prochains jours!

Du coup, me voilà excitée et je dors très peu la nuit qui suit.  Puis, vers 6 heures du matin, j'ai des douleurs dans le ventre, mais pas encore des contractions.  Je me dis que c'est le bébé qui descend et que la naissance n'est pas pour tout de suite.

A 6h45, mon Jardinier se lève et je lui dis de ne pas partir travailler (il lui faut 1 heure pour rentrer jusqu'ici + 20 minutes pour aller jusqu'à la maternité donc je préfère l'avoir "sous la main" au cas où il faudrait partir).  Et là, tout s'accélère: j'ai maintenant très mal au ventre, toutes les 5 minutes environ.  Ce sont les contractions qui commencent.  J'appelle ma maman pour l'avertir de venir à la maison afin de s'occuper de Lapinet à son réveil et je lui dis que nous partons pour la maternité. 

Je n'ai pas encore perdu les eaux et, pour m'assurer qu'il ne s'agisse pas d'un faux travail, je prends un bain bien chaud.  J'ai moins mal, je me sens bien … mais lorsque je sors de l'eau, aie, la douleur se fait de plus en plus intense.  C'est certain, le bébé arrivera ce 13 janvier!  J'appelle la maternité afin de les avertir de notre arrivée.

Mon Jardinier boit son café et déjeune (ce qu'il ne fait jamais habituellement), sans trop se presser.

A 8 heures, nous quittons la maison.  Au moment d'entrer dans la voiture, j'ai une grosse pensée (et une petite larme) pour mon Lapinet qui dort dans sa chambre et qui sera bientôt grand frère.  Lorsque je reviendrai à la maison, la famille comptera un membre de plus.

Le trajet en voiture me semble beaucoup plus court que pour la naissance de Lapinet.  Je pense: "Heureusement qu'il fait encore sombre, parce qu'une fille à 4 pattes sur la banquette arrière de la voiture au feu rouge, ça n'est pas très courant!". 

Nous arrivons à la maternité à 8h20.  Après examen fait par une jeune sage-femme (M.), elle m'annonce que le col est ouvert de 5 cm.  Seulement?  Pour Lapinet, j'étais à 9 cm à l'arrivée à la maternité… 

On me demande si je veux une péridurale.  Je réponds: "Non merci, enfin, je vais essayer sans, on verra plus tard si je suis à bout de force".

La poche des eaux n'est toujours pas rompue.  Je demande un ballon et je m'y installe.  Je bouge mon bassin, cela fait moins mal.  Et en quelques minutes, la poche se rompt.  Et les contractions s'intensifient.  M. veut m'examiner à nouveau, mais elle n'y arrivera pas: je sens déjà que j'ai envie de pousser.  Alors vite, elle appelle une autre sage-femme (M-C) ainsi qu'un gynécologue.  Quoi "un" gynécologue?  Je veux "le mien" moi!  Et j'entends qu'elle dit: "Le docteur B. (le mien!) est justement dans le couloir".  Et moi de répondre: "Oui oui, c'est lui qui doit venir".  Je crois qu'il venait de prendre son service, quel timing!

M. avait placé un monitoring sur mon ventre dès mon arrivée mais maintenant, il faut l'enlever, la sangle me gêne, je ne veux pas que l'on touche mon ventre.  Gentiment, elle ôte la sangle et, de temps en temps, repositionne le capteur afin de s'assurer que le bébé va bien.  Lorsque la sensation m'est désagréable, je le signale (ou j'enlève sa main – parfois pas très délicatement), mais elle est très compréhensive, et s'excuse presque d'avoir placé le capteur au mauvais moment.

Je peux adopter la position que je souhaite et je me couche sur le côté.  Comme on y est bien, quand il n'y a pas de contraction!  Parce qu'au moment de la contraction, la position ne me convient pas du tout.

Le gynécologue me propose alors d'utiliser un nouvel "accessoire", récemment placé dans la salle d'accouchement: une liane!  Il s'agit d'un long tissu (genre écharpe de portage) fixé au plafond et auquel on peut s'accrocher, s'étirer.  Je réponds que oui, je veux bien essayer.  Je me positionne à genou sur le lit et, instinctivement, j'agrippe la liane.  Je la serre très fort pendant la contraction, cela me fait du bien et m'aide à pousser. 

Bon, maintenant que la position me convient, il faut le faire sortir, ce bébé!  Alors je pousse de toutes mes forces (que je crois!), à chaque fois, je me dis: "La tête doit être sortie là, c'est pas possible que cela fasse plus mal encore".  Mais non, la tête n'est toujours pas sortie.  Alors je pousse encore plus fort et la moitié de la tête sort "On voit le crâne et les yeux" me dit le gynécologue.  Une autre poussée (et les cris l'accompagnant) et la tête sort entièrement.  Encore une autre et ce sont les épaules puis le reste du corps.  Ouf, bébé est passé, et j'ai tout fait toute seule!  Une sage-femme stagiaire (A.) "réceptionne" le bébé et le dépose sur le lit, sous mon ventre (je suis toujours à 4 pattes/genoux).  Oh là là, comme ce bébé est petit, je ne me souvenais pas que c'était si petit.  Je me penche, je le prends, je me retourne, me couche, et le dépose sur mon ventre.  On le couvre et on lui met un petit bonnet, le peau-à-peau peut commencer!  Bébé est né à 9h31.

Le gynécologue et les sages-femmes baissent les lumières et quittent la salle afin de nous laisser tous les trois.  Nous ne connaissons pas encore le sexe du bébé.  Doucement, nous soulevons la couverture et je déplace le cordon qui se trouve entre les jambes du bébé.  Pas d'hésitation, c'est une fille, youpiiiieeee!

A 11h35, M. revient afin de peser, mesurer et habiller la Poussinette (les bébés ne sont pas lavés ni "aspirés" à la naissance).  Elle pèse 3kg375 et mesure 49 cm. 

C'est ensuite à mon tour d'être habillée (vite, un grand t-shirt).    J'en profite pour "examiner" cette fameuse liane.  Le tissu est du sergé-croisé, tout comme mon écharpe de portage.

Ce n'est que 2 jours plus tard qu'elle recevra son premier bain, sans aucun produit (ni huile de bain ni savon).  Lorsque je la change, j'utilise des lingettes jetables les premiers jours (pratique pour décoller le méconium) puis du liniment que j'ai fait moi-même sur des lingettes en coton.  Les infirmières respectent toutes mes demandes et s'informent sur le liniment.  D'autres ont appris que j'allaitais toujours mon "grand" et viennent également à la pêche aux infos (aviez-vous toujours du lait pendant la grossesse? n'aviez-vous pas mal pendant les tétées? etc…).  Je n'ai pas poussé jusqu'à emporter les langes lavables à la maternité mais je suis certaine que les infirmières n'y auraient vu aucun inconvénient. 

Les infirmières sont venues chaque matin pour mes soins, mais n'ont jamais manipulé le bébé.  Je m'en suis occupée toute seule, elles étaient disponibles si j'en avais besoin.  Poussinette n'est jamais allée dans son petit lit, elle a toujours dormi sur moi ou dans mon lit et là encore, aucune remarque ne m'a été faite.

Une naissance toute naturelle, un peu comme si j'avais accouché à la maison, mais avec la sécurité de l'hôpital en plus.

Quelle beau souvenir!

Liane.jpg

La fameuse "liane"

07:30 Écrit par Stef dans Maternage | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour Stef,

Quel beau récit très émouvant, merci de l'avoir partagé.

Cette fameuse liane, très impressionnante, chouette idée je trouve, je vais en parler à mon entourage.

Il y a une semaine, j'ai entendu un récit d'un autre accouchement, horrible, tellement horrible que le bébé doit porter pendant 6 mois un harnais de pavlik car ils ont "charcuté" la maman et le bébé pendant l'accouchement. Et pourtant l'accouchement a bien eu lieu en Belgique.

bisous à toute la petite famille,

Nevin

Écrit par : Nevin | 03/02/2011

Je viens d'aller voir ce qu'est ce harnais (je ne connaissais pas), c'est impressionnant. Pauvre bébé! Je crois que l'écharpe de portage, avec le bébé sur le ventre de la maman et les jambes écartées de chaque côté des hanches de la maman revient au même. Et c'est tout de même plus gai d'être contre sa maman que dans ce harnais. C'est une autre piste à explorer.

Écrit par : Stef | 03/02/2011

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