21/07/2014

C'est pour ton bien

Sixième ouvrage conseillé par LLL.

 

Dans ce livre, l'auteure explique comment, par l'irrespect et la violence, l'enfance est abîmée et comment l'ex-enfant devenu adulte se décharge de ce vécu douloureux enfoui dans l'inconscient ...  en reproduisant le même comportement sur ses propres enfants.

 

On y décrit et analyse l'enfance de 3 personnes: Christiane F. droguée et prostituée; d'Adolf Hitler que l'on découvre sous un jour tout à fait inattendu et d'un jeune homme infanticide allemand.

 

Ce livre est assez dur à lire car on y décrit une multitude (!) de mauvais traitements infligés aux enfants via ce que l'on appelle la "pédagogie noire".  Il faut avoir le coeur bien accroché pour lire certains passages.

 

Mais il donne surtout un explication - ce qui n'enlève rien à la cruauté des faits - aux agissements commis lors de la seconde guerre mondiale.

 

C'est pour ton bien.JPG

 

Quelques passages qui m'ont interpellée:

 

La plus grande cruauté que l'on inflige aux enfants réside dans le fait qu'on leur interdit d'exprimer leur colère ou leur souffrance, sous peine de risquer de perdre l'amour et l'affection de leurs parents.  Cette colère de la petite enfance s'accumule dans l'inconscient, et comme elle représente dans le fond un très sain potentiel d'énergie vitale, il faut que le sujet dépense une énergie égale pour le maintenir refoulé.

 

 

Cette absence de sensibilité aux souffrances que l'on a soi-même endurées dans son enfance fait que l'on reste aussi étonnamment sourd aux souffrances des autres enfants.  Si ce qui m'a été fait était nécessairement pour mon bien, ce traitement est à admettre comme faisant partie intégrante de la vie, et il n'y a pas lieu de le remettre en question.  Cette insensibilité prend sa source dans les mauvais traitements que le sujet a lui-même subis et dont le souvenir peut certes avoir été conservé, mais dont le contenu émotionnel, l'expérience profonde des coups et l'humiliation, a dû être dans la majorité des cas totalement refoulé.

 

Pour comprendre comment ce docteur (qui faisait des expériences à Auschwitz) a pu faire et supporter cela, il nous suffirait de savoir ce qui lui a été fait pendant son enfance.  Je suis sûre que l'on découvrirait là une horreur à peine compréhensible de l'extérieur, que lui-même considérerait en revanche comme la meilleure éducation possible et à laquelle il est intimement persuadé de "devoir beaucoup".

 

 

 

 

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