03/11/2014

Bien naître

Onzième lecture proposée par LLL.

 

Il s'agit d'un livre de Michel Odent, vrai "révolutionnaire" quant à l'accouchement non ou peu médicalisé.  Ce livre relate comment il est possible d'avoir une "naissance sans violence" dans un hôpital public.  Mettre en pratique la naissance sans violence, ce n'est pas seulement installer un certain "climat" en salle de travail, c'est aussi instaurer une véritable préparation à la naissance.  C'est remettre la mère, le père et le nouveau-né au centre du projet d'accouchement.

 

 

 

Quelques passages qui m'ont plu:

 

Dans les cas d'accouchements les plus habituels, le technicien est masqué, casqué, botté, ganté, préside la fin de la période d'expulsion, se place devant la parturiente, couchée à bonne distance du sol, dégage la tête du nouveau-né, au besoin après une épisiotomie, observe le périnée grâce à un bon éclairage puis dégage les épaules.  Dès la naissance, le sexe est annoncé, la cavité buccale et les narines aspirées.  Rapidement le cordon est coupé et le nouveau-né est allongé en position dorsale sur le plateau d'une table de réanimation.  Un collyre antiseptique est instillé dans les paupières.    

 

L'homme adulte moyen d'une civilisation avancée a, dans une grande mesure perdu ce mode le mode de connaissance que l'on retrouve chez l'animal, chez l'enfant, chez le rêveur, chez l'homme primitif.  La femme, par contre, possède encore un pouvoir de connaissance qui repose sur son instinct maternel, et ce pouvoir n'existe chez l'homme, et en particulier chez l'homme civilisé, qu'à l'état tout à fait rudimentaire.

 

Le comportement maternel se transmet de mère en fille, de façon congénitale, non chromosomique; le comportement maternel se transmet de génération en génération.  Lorsque le comportement maternel est perturbé, les séquelles ne peuvent être effacées et les traumatismes se transmettent également de mère en fille.

 

La préparation à l'accouchement est devenue une préparation à la naissance, une préparation de tous les adultes à la naissance: ce n'est pas l'enfant qu'il faut préparer.  C'est nous.

 

La préparation à la naissance nous apparaît aujourd'hui comme la meilleure des préparations à l'accouchement.  Nous rejoignons là les réflexions illichiennes sur la transformation de l’expérience de la douleur par la civilisation industrielle, sur la gestion technique de la douleur: dans le mesure où l'on redonne une signification à la douleur, le seuil de tolérance s'élève.  C'est en ce sens que la préparation à la naissance transforme les conditions de l'accouchement.

 

 

 

 

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