18/01/2013

Ma fille. Deux ans

Ma fille.

Tu as deux ans.
Je me souviens du jour de ta naissance comme si c'était hier.
Tu m'as permis de vivre un accouchement merveilleux, merci!

Ma fille
Tu es une "vraie" fille: tu aimes cuisiner, essuyer la vaisselle,  
explorer sans cesse ma trousse de toilette, vider le lave-vaisselle, essayer mes chaussures, chanter et danser sur des musiques pop.

Ma fille
Tu es encore bien dépendante de moi: tu me suis quand je vais aux toilettes, tu tètes plusieurs fois par jour (et la nuit), tu joues seule 5 minutes, avant de crier "mamaaaaaaaaaaannnnnnnnnnnnnn".

Ma fille
Tu grandis pourtant: tu manges et bois seule, dans un verre; tu connais des centaines de mots,
tu choisis seule les barrettes que je vais mettre dans tes cheveux, tu fais de petites phrases, tu te mêles des conversations entre ton papa et moi, tu mets ta veste et ton bonnet seule, quand on te demande "pourquoi?" tu réponds "parce que!" (hum hum), tu enlèves ton langes et tu ne veux pas en remettre, tu as un caractère qui te rend sûre de toi, tes mains ne sont presque plus potelées, tu es allée chez le coiffeur pour la seconde fois (et cela dégage ta petite nuque attirant irrésistiblement mes bisous que tu repousses, agacée).

Ma fille
Deux ans et le Terrible Two frappe à la porte, je le reconnais: tu frappes ton frère, lui tire les cheveux, tu cries, tu t'énerves lorsque tu n'arrives pas à faire quelque chose.

Ma fille
Chaque jour, je remercie le ciel (et ton papa) de m'avoir donné une fille.


 

Nuque.JPG


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13/06/2012

"Tu as la belle vie, toi!"

Belle?  Je ne sais pas. 

J'ai la vie que je veux, ça oui. 

Fatiguante?  Ahhhhhhhhhhhh que oui! 

Bien sûr, je peux faire une sieste si j'en ressens le besoin, mais mes journées sont trèèèèèèès chargées pour l'instant.  Alors, penser que je me la coule douce parce que je ne travaille pas, c'est totalement faux.


Un aperçu de ma journée?

 - 6h45: ma Poussinette se réveille, elle est réglée comme une montre suisse.  Elle tète pendant 30 minutes (ce qui me laisse le temps d'émerger).

 - 7h15: préparer le cartable de Lapinet avec son repas de midi et sa collation.  Mon Jardinier s'habille en prenant Poussinette avec lui.

 - 7h30: je m'habille et me maquille (mascara pour ne pas avoir l'air trop fatiguée)

 - 7h40: je récupère Poussinette et je vais réveiller Lapinet.  Pendant qu'il se réveille, Poussinette me grimpe dessus pour téter.

 - 7h50: Lapinet sort du lit, va à la salle de bain et je m'aperçois qu'il ya eu "des fuites" pendant la nuit.  J'enlève le drap housse, le protège-matelas et la housse de couette et démarre la machine à laver.

 - 8h10: on déjeune.

 - 8h30: Lapinet part à l'école avec la voisine.

 - 8h35: je débarrasse la table et vide le lave-vaisselle.

 - 8h45: je mets sécher le linge qui a été lavé pendant la nuit et je vais ouvrir le poulailler.

 - 9h: je cuits les légumes pour le repas de midi (il reste du riz de la veille et la viande est rapide à préparer).

 - 9h20: je mets sécher le linge de lit de Lapinet

 - 9h30: je démarre le tracteur tondeuse et commence à tondre la pelouse, avec Poussinette dans les bras

 - 10h30: j'arrête de tondre, il pleut.  Je ne dépend pas le linge, ce n'est qu'une "petite" averse.  Je bouche les trous entre le plafond et la plinthe avec du silicone.  Poussinette monte constamment sur l'escabeau, ce qui m'empêche de redescendre...

11h00: il pleut toujours, tant pis, j'attendrai une éclaircie pour aller rechercher le linge.  Je termine de préparer le repas de midi.  Poussinette vide les armoires de la cuisine.

11h30: on mange.  Je range ce qu'elle a sorti des armoires.  Une tétée et à la sieste.

12h: j'attendrai que le riz ait durci pour débarrasser la table, c'est plus facile à nettoyer.  La tétée me donne un coup de pompe, je fais une sieste dans le canapé!

13h: (ouuuuu! 1 heure de sieste! D'habitude, je me réveille après 20 minutes): je vais chercher le linge et je le fais essorer dans la machine à laver.

13h15: je termine de débarrasser la table et vais donner les restes de riz aux poules.

13h30: je ressors pour épandre le linge essoré.

13h45: je prépare le potage pour le soir et replie du linge.

14h45: j'arrose les plantes extérieures et passe le balai dans la cuisine.

15h: Poussinette se réveille.  Je lui donne un fruit.

15h30: on part rechercher Lapinet à l'école et déposer la fille de la voisine chez elle.

16h: Lapinet mange une gosette.  Je passe l'aspirateur à l'étage pendant que les enfants jouent mettent le bazar dans une chambre.  Je mixe le potage.

16h20: on sort, Lapinet veut aller sur la balancoire.

16h30: je reprends la tonte de la pelouse, les deux enfants sur les genoux.

17h30: il recommence à pleuvoir, je file dépendre le linge.  On attend que l'averse passe, en jouant dans le garage.

18h: des petits voisins arrivent.  Lapinet les accompagne sur la balançoire.  J'installe Poussinette dans le Mei Tai et tond les abords de la pelouse.

19h: je fais réchauffer tout doucement le potage et vais rechercher Lapinet.

19h20: on mange et je débarrasse la table pendant que Poussinette re-vide les armoires.

20h: les enfants sont en pyjama, les dents sont brossées.  Direction chambre de Lapinet pour 2 livres et 1 chanson.

20h20: je quitte la chambre de Lapinet et me dirige dans celle de Poussinette.  Je lui mets son sac de couchage et lui donne une tétée.  Elle dort.

20h30: j'entends Lapinet qui ressort de sa chambre: il va aux toilettes.  Je l'aide.  On retourne dans sa chambre.  Une chanson, un bisou et il s'endort.

20h45: Oufff, je souffle un peu.  Passe le balai dans la cuisine.  Vais nourrir les poules.  Jette un oeil aux chevaux.  Range le garage.

21h: je me change et commence à appliquer la troisième couche de peinture sur le plafond de la salle à manger.

23h: j'ai terminé, je range les outils.  Mon Jardinier rentre d'une soirée d'adieu d'un ancien collègue (d'habitude, il rentre vers 20h).  Je couds un peu pour me détendre.

23h30: je suis en pyjama et je lis quelques minutes puis je m'endors ... parce que demain à 6h45, ma Poussinette va réclamer la tétée..........;

 

NB: Notez que mes enfants et moi-même ne prenons pas de douche chaque jour (sinon, il faudrait ajouter 30 minutes à cette journée).

 

Alors, de tout repos la vie de maman à la maison?  Clin d'œil

07:06 Écrit par Stef dans Divers, Maternage | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

08/06/2012

Le bébé est un mammifère

Cela choque parfois certaines personnes lorsque je leur dis que nous sommes des mammifères.  Pourtant, c'est bien vrai.  Et certains de nos comportements se rapprochent de ceux des animaux.

 

Cette notion est développée dans un livre de Michel Odent, écrit initalement en 1990, et qui vient d'être re-publié récemment: Le bébé est un mammifère.  Ce livre est maintenant conforme à la version souhaitée à l'époque par l'auteur, qui avait été édulcorée par la maison d'édition, par peur de heurter les esprits (et donc de vendre moins j'imagine...).

 

Le texte de 1990 était extrêmement précurseur dans son propos et dans l'approche qu'il défend.  Mais à ce moment-là, comparer un bébé humain à un bébé animal était un scandale!  Il était de bon ton de répéter que "le bébé est une personne" et on ne pouvait pas "mammaliser "la naissance.

 

Aujourd'hui, on voit de plus en plus d’hôpitaux "amis des bébés", des maisons des naissance et des accouchements à la maison.  Le public est donc plus enclin à accepter les propos de l'auteur. 

 

Voici quelques extraits qui m'ont beaucoup plu:

 

Pour accoucher, la femme a besoin de se sentir en sécurité, sans se sentir observée.  Les mammifères, habituellement, cherchent un petit coin, un petit espace, souvent dans la pénombre pour mettre leurs petits au monde.  Il faut éliminer les observateurs.  Seule une femme qui ne sent pas observée peut "se laisser aller".  Un fait à retenir est que, dans toutes les sociétés où les femmes ont l'habitude de s'isoler pour accoucher, l'accouchement semble y avoir la réputation d'être facile.

 

Il est vrai que de plus en plus de salle d'accouchement sont équipées d'un variateur de lumière qui permet de "doser" celle-ci comme les mères le souhaitent.

 

L'accouchement est une affaire de femmes.  La Doula était, à l'origine, une mère comme les autres, qui n'avait reçu aucune formation particulière, mais qui avait l'expérience de mettre au monde les bébés.  On pourrait imaginer qu'un nombre croissant de femmes en travail iraient à la maternité accompagnées d'une amie qui a l'expérience de l'accouchement.

 

Tiens tiens, ça me fait penser à un précédent billet...

 

Le bébé est un mammifère.JPG

 

04/06/2012

Doula?

 

Depuis mi-mars, j'avais préparé certaines choses:

-        un sac dans ma voiture avec un essuie de bain, de l'huile à l'arnica, un bloc de feuilles, un crayon, un  chargeur gsm, des biscuits et de l'eau;

-          des vêtements pour Lapinet sur sa commode;

-          des vêtements pour Poussinette dans sa chambre;

-          des vêtements et des chaussures confortables pour moi;

-          le plein de carburant de ma voiture était fait;

-          mon Jardinier savait où déposer les enfants le matin et où les récupérer le soir.

 

Mais pourquoi donc?  Je ne suis pourtant pas enceinte.  Moi non, mais une amie, oui!  Enfin, une amie; maintenant je peux l'appeler comme cela, mais au mois de mars, je l'appelais plutôt "une connaissance".

 

Comment donc passe-t-on du stade de "connaissance" à "amie", en intégrant la liste des choses que j'ai énumérées ci-dessus?  En assistant à son accouchement par exemple!  Oui oui!!!

 

Quelques semaines avant le terme prévu de sa grossesse, elle m'a demandé si j'accepterais de l'accompagner lors de son accouchement.  Quelle surprise!  J'ai tout de suite répondu que oui … puis j'ai pensé à la logistique que j'allais devoir mettre en place si le bébé arrivait en journée (qui irait rechercher Lapinet à l'école et où est-ce que je déposerais Poussinette).

 

Il s'agit de sa quatrième grossesse.  Elle a toujours accouché sous péridurale (et a un mauvais souvenir du contact avec l'anesthésiste lors de son dernier accouchement) donc elle souhaite mettre toutes les chances de son côté pour éviter la péridurale cette fois-ci.  A savoir, une personne qui l'épaulerait pendant le travail.

 

Le col était effacé depuis quelques jours mais pas d'ouverture ni de contractions, juste le ventre qui durcissait par moment.  Il faut préciser que mon amie n'est pas du genre "pépère à la maison" et qu'elle se repose peu.

 

Pendant une semaine, mon gsm ne m'a pas quitté (même pour aller nourrir les chevaux ou les poules) et le téléphone fixe m'a accompagné dans la salle de bain lors de la mise en pyjama des enfants et sur la table de nuit de la chambre pendant mon sommeil.  Dès que je rentrais à la maison, je filais voir si j'avais un message sur le répondeur.  Mes déplacements se sont également limités, et surtout, pas trop loin de la maison.

 

J'ai relu quelques chapitres du livre d'Isabelle Brabant "Pour une naissance heureuse", bien qu'elle m'ait demandé de ne rien lire et de tout faire "au feeling".  Ok, mais j'avais besoin de revoir un peu le vocabulaire à utiliser pour rassurer une future maman lors des contractions douloureuses.

 

Puis un dimanche soir, le 25 mars, vers 20h, elle m'appelle pour me dire qu'elle a des contractions, elle a pris un bain mais elles sont toujours bien présentes.  Elle ne pense pas que l'accouchement est pour tout de suite mais préfère me tenir au courant.  J'étais déjà en pyjama en prévision d'aller dormir tôt, et voilà que je suis ragaillardie et prête à foncer à la maternité.  Un peu de temps passe, les enfants sont au lit, je suis dans le bureau avec mon Jardinier (chacun sur son pc) quand je me retourne et je vois une très grosse araignée sur le mur.  Je lui demande de l'enlever et c'est à ce moment que le téléphone sonne à nouveau (il est 21h30): les contractions sont bien présentes et elle va se mettre en route avec son mari pour rejoindre la maternité.  Nous nous donnons rendez-vous là-bas.

 

Waouw, génial, je vais assister à un accouchement!  Je suis toute excitée!  Je file me changer et me voilà prête à partir, à faire le même chemin qu'une année auparavant, dans (presque) le même état d'esprit, mais sans la douleur.  Un gros bisou à mon Jardinier, quelques consignes et un "merci de me laisser vivre cette expérience" puis je file.  Il est 21h40.

 

Je suis tellement impatiente que je roule vite.  Oh là, il ne faudrait pas arriver avant elle quand même (j'habite à 20 minutes de la maternité)!  La musique de la radio ne me plaît pas, j'appuie sur "cd" et c'est Springsteen qui dans le lecteur, super, j'arrive à la maternité au son de "The river", c'est parfait.  J'attends un peu avant de sortir de la voiture, j'ai l'impression d'arriver trop tôt, et j'observe le ciel, la lune est montante.

 

Je sors de la voiture et me dirige vers la maternité, je me revois faire le même chemin que pour la naissance de ma Poussinette et j'ai un pincement au cœur.  Les couloirs sont vides.  J'arrive, je demande si mon amie est déjà là.  Non.  La sage-femme a l'air un peu surprise de me voir, et de ne pas être au courant de l'arrivée de mon amie.  Je m'assois et quelques minutes plus tard, elle arrive avec son mari.  Il est 22h05.

 

Elle informe la sage-femme que j'assisterai à l'accouchement et nous nous rendons dans une salle d'accouchement.  Au bout du couloir à droite, je ne sais pas si c'est la même que lorsque j'ai donné naissance à Lapinet et Poussinette, mon Jardinier pourrait répondre à cette question aisément.

 

Elle s'installe, dit qu'elle ressent les contractions mais qu'elle n'a pas mal (tant mieux! – mais je trouve cela surprenant tout de même).  Il est 22h40, la sage-femme lui demande si elle peut l'examiner (j'apprécie sa demande et non pas son injonction).  Le col est ouvert de 3 cm.  C'est un bon début!  On place un monitoring et on perçoit bien les contractions, mais mon amie ne ressent rien.  Elle taille un brin de causette avec la sage-femme, comme si elle venait pour une visite de courtoisie.  La sage-femme baisse l'intensité de la lumière et quitte la salle.  Son mari et moi, nous découvrons les lieux, il se met en quête d'un gros ballon, je sors les cds qu'elle souhaite écouter, prends le flacon d'huiles essentielles dont elle m'a parlé, prépare les petits vêtements du bébé.  Tout va bien.

 

Il y a une liane dans cette salle, je lui explique qu'elle peut s'en servir pour s'y accrocher et s'étirer, mais elle trouve une autre manière de l'utiliser, elle se penche sur le nœud et se balance, les jambes tendues et le dos à l'horizontale.  Je lui dis qu'elle ne doit pas hésiter à bouger, se mettre dans la position qu'elle a envie.  Elle s'assied sur le ballon et fait de petits sautillements.  Contrairement à moi, qui m'en servais pour balancer mon bassin.  Mais peu importe, je ne veux rien imposer, je m'assure juste qu'elle adopte les positions dans lesquelles elle se sent bien.

 

Les contractions sont toujours présentes, mais pas ressenties.  Elle me demande un massage, je ne sais pas trop comment masser, alors je frotte délicatement mais fermement le bas de son dos ou le bas de son ventre.  Je lui dis qu'elle peut demander à ce qu'on enlève le monitoring s'il la gêne.  Et je lui rappelle qu'elle peut se mobiliser comme elle l'entend.

 

Il est minuit, elle est fatiguée (son mari et moi aussi).  Elle s'allonge dans le lit.  Je vais chercher un second fauteuil et je m'installe d'un côté du lit, et son mari de l'autre.  Nous faisons un peu plus connaissance, à savoir, comment j'ai rencontré mon mari et comment elle a rencontré le sien.  L'ambiance est très décontractée, nous rigolons bien.  Elle grignote quelques graines (je ne sais plus lesquelles) et moi je mange mes biscuits.

 

Vers 2 heures, elle ressent les contractions, elles sont douloureuses.  La sage-femme demande à l'examiner et son col est ouvert de 6 cm.  Tout cela en restant allongée et en discutant (en pensant à autre chose quoi), super!  On lui pose un cathéter, pour "avoir une entrée au cas où", mais on n'y connecte rien.

 

La douleur se fait plus intense.  Elle marche beaucoup, s'assied sur le ballon, se pend à la liane, demande un massage, le spray brumisateur sur son visage, et fait des sons graves (ooooooooooohhhhhhhhhhhhhhhhhh), que nous reprenons en cœur, son mari et moi.  Elle a un fameux souffle, parce que nous n'arrivons pas à tenir aussi longtemps qu'elle!  Elle a suivi des cours de chant prénatal et je remarque que les sons l'aident beaucoup à canaliser la douleur.  Je lui parle, beaucoup, répétant qu'elle doit accepter la douleur, ne pas la repousser, se connecter avec son bébé qui fait son chemin, contraction après contraction, que l'arrivée de son bébé est imminente, qu'elle est forte, que tout ce qu'elle fait est bien.  Je lui demande si le monitoring la dérange, elle l'enlève.  Elle a chaud, elle a mal.  Je me revois pour la naissance de Poussinette, adoptant exactement les mêmes positions.  Elle marche jusqu'à la salle où se trouve la baignoire, mais ne veut pas prendre de bain.

 

A 3 heures, nouvelle demande d'examen: dilatation complète.  Je la félicite en lui disant que la fin est toute proche, que le plus dur est fait.  Elle sent l'envie de pousser et demande à se coucher dans le lit, sur le dos.  C'est la position qu'elle a toujours adopté pour ses autres accouchements (avec une péridurale, je crois qu'on n'a pas trop le choix).  Je n'aime pas trop cette position car je sais que ce n'est pas une position qui facilite l'expulsion, mais si elle se sent bien comme cela, je la respecte, c'est elle qui sait.  Elle pose ses pieds sur une grande barre qui traverse le lit, à la hauteur de ses genoux plus ou moins.  Et elle pousse.  Je ne suis pas une spécialiste des accouchements, mais je trouve qu'elle pousse bien.  Elle n'a pas perdu les eaux et la sage-femme lui demande si elle peut percer la poche.  Je demande si c'est nécessaire.  Elle me répond que, au stage ou en est l'accouchement, c'est une question de minutes donc autant le faire (moi j'aurais dit: "autant laisser faire la nature") mais mon amie accepte.  J'étais aux premières loges pour voir cette opération et elle a utilisé un objet qui ressemble très fort à une baguette pour manger chinois, avec un petit crochet au bout.  La baguette semblait être en bois, mais en y réfléchissant, j'imagine qu'elle est dans un autre matériau, plus stérile ou alors le bois peut e stériliser???  La sage-femme a percé la poche délicatement et mon amie n'a pas eu l'air d'avoir mal pendant cette opération.

 

Le bébé avance, doucement, mais il avance.  Puis, plus rien, plus l'envie de pousser et quand elle pousse (sans contraction), le bébé n'avance pas.  La sage-femme me demande si je veux venir voir les cheveux du bébé.  "Oh oui!" avec un grand sourire!  Je m'attendais à voir la tête affleurer, mais non, la tête était encore bien loin, dans mon amie.  Je l'encourage et lui dit que son bébé est tout près, qu'il arrive, qu'elle doit fournir encore quelques effort.  Elle pousse (et je pousse avec elle), de plus en plus fort, mais rien ne se passe à nouveau.  Je demande à la sage-femme si elle pourrait changer de position, pour permettre au travail de se relancer, elle me dit que ce n'est pas la peine, que le bébé est tout près.  La sage-femme dit à mon amie qu'elle a l'impression qu'elle retient son bébé, qu'elle ne veut pas le laisser sortir (peut-être se dit-elle que, comme c'est son quatrième, ça sera son dernier et donc qu'elle veut le garder encore en elle?).  Je demande à mon amie si elle veut changer de position, elle me dit qu'elle est bien comme cela.  Mon amie pousse encore.  Rien.  Je lui tiens la main, son mari tient son autre main.  La gynécologue arrive, elle est jeune et souriante.  Elle parle doucement, encourage mon amie, lui demande de pousser autrement (en bloquant sa respiration) mais rien ne change.  Je demande à la gynécologue si elle pourrait changer de position, mais elle me répond que le bébé arrive.  Une autre sage-femme, plus jeune, est également près du lit.  Mon amie dit qu'elle a envie de vomir, qu'il y a trop de monde autour d'elle.  Vite, je m'écarte (et son mari aussi je crois).  Elle ne vomit pas mais semble mieux respirer.  Elle dit qu'il faut qu'on l'aide, qu'elle n'y arrivera pas.  Alors je prie pour que la gynécologue ne sorte pas la ventouse.  Ouf, elle ne le fait pas et continue à stimuler mon amie.  Elle pratique une épisiotomie, mon amie n'a rien senti, re-ouf!  Je crois que je suis en nage, la chaleur et le stress, mais qu'est-ce qu'il se passe?  Que puis-je faire?  Encore une fois, je demande si elle peut changer de position.  "C'est pas la peine, il arrive".  Bon, j'ai compris le message, je ne demanderai plus (mais quand même, si ça bloque, on pourrait essayer autrement et se remettre sur le dos si on voit que ce n'est pas mieux???).

 

Le bébé sort finalement la tête, et là, on comprend pourquoi l'expulsion était difficile, au lieu de regarder vers le dos de sa maman, il regardait vers son ventre.  Il ne présentait donc pas la partie de sa tête la plus facile pour s'engager.  La gynécologue aide le bébé à pivoter pour passer les épaules et le bébé naît, à 3h30!  Trente minutes des poussées douloureuses et intenses.  Mais c'est fait, elle a accouché sans péridurale!  Je verse une larme, elle me remercie, me dit qu'elle n'y serait pas arrivée sans moi.  Je suis heureuse!  Son bébé ressemble à son grand-frère, il est calme, sur le ventre de mon amie, ne cherche pas encore à téter, se repose (bein oui, après ce qu'il vient de vivre!).  Je me recule, je ne me sens plus à ma place, je la laisse avec son mari (et la gynécologue qui recoud l'épisiotomie).  Je descends à la voiture pour aller chercher le sac avec ses vêtements pour le séjour à la maternité.  La gynécologue est toujours occupée, le bébé est au chaud sur sa maman, je m'éclipse et je reprends mes esprits: je suis fatiguée par la demi nuit blanche, fatiguée d'avoir "poussé" avec elle, fatiguée du stress et de la tension lors de la dernière demi-heure, j'ai faim et soif.

 

Je remonte dans ma voiture, la lune est toujours là, Sprinsteen aussi, je suis sur un petit nuage.

 

Je rentre à la maison, je vais faire un bisou à mon Lapinet et je verse une larme en le regardant, me remémorant les premiers instants avec lui.  Pas de bisous à ma Poussinette qui ne passe pas encore ses nuits, si jamais elle décidait de dormir toute sa nuit cette fois-ci, je ne veux pas perturber son sommeil…  Puis je me glisse dans le lit à côté de mon Jardinier en lui disant que tout s'est bien passé et que je suis contente.  J'ai un peu de mal à trouver le sommeil et, lorsque je me réveille, ma première pensée à été pour le bébé.

 

Aujourd'hui, quelques mois après cet événement, j'ai un petit goût amer tout de même: si elle avait changé de position, le travail se serait peut-être remis en route et l'expulsion aurait peut-être été plus rapide.  J'aurais peut-être dû insister encore et encore.  J'aurais aimé qu'on le fasse si j'avais été à sa place.  Mais la situation était délicate, je ne suis pas infirmière.  Et puis, si elle avait accouché avec un autre gynécologue, peut-être aurait-il entendu ma demande?  Je sais, avec des si… mais bon, je me pose encore la question même si cette expérience a été fabuleuse.  Merci à mon amie de m'avoir fait confiance et m'avoir permis de vivre un accouchement "vu de l'autre côté".


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Le ballon et "la liane"

07:57 Écrit par Stef dans Maternage | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

04/05/2012

Bien dit!

Tiré de la dernière Newsletter de La Leche League, parole d'un grand-père:

"C'est marrant parce que quand j'étais petit, on était tous allaités, on voyait des mamans allaiter dans la rue, partout et ça ne choquait personne.  Mais maintenant, la société est choquée de voir une maman qui allaite et ça, c'est depuis que les femmes portent des mini- jupes!!"

 

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20/04/2012

Placenta

Dans mon récit de naissance, il y a tout de même une petite déception dont je ne vous ai pas parlé.  Cela concerne le placenta.  J'aurais aimé l'emporter, afin de le mettre dans un trou dans le jardin, et y planter un arbre par-dessus.

Plusieurs mois avant l'accouchement, j'en ai parlé à notre gynécologue, qui a été étonné par ma demande.  Il a répondu par la négative.  Mais comme je suis tenace, à chaque visite, j'en remettais une couche et je réitérais ma demande.  Il s'est renseigné et m'a répondu qu'il était impossible que je le reprenne (c'est accepté si on accouche en maison de naissance, ou à domicile).  Il m'a dit: "Si on vous empute d'une jambe, vous ne retournez pas chez vous avec elle.  Pour le placenta, c'est pareil.  Cela limite le risque d'infection".  J'ai pas su quoi répondre.

Je dois tout de même avouer que, quand j'ai vu le gynéco jeter le placenta (après nous l'avoir montré et décrit) dans la poubelle de la salle d'accouchement puis quitter la pièce, j'ai pensé que si j'avais un sac plastique, j'aurais pu demander à mon Jardinier de le reprendre en douce (je ne sais pas s'il aurait accepté).  Personne n'aurait rien vu.

 

Alors quand je lis ceci, cela me rappelle cette déception et je regrette ne pas avoir osé le "voler".

07:29 Écrit par Stef dans Maternage | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/04/2012

Jeu avec ancienne barre à rideaux

Un jeu facile à réaliser avec une ancienne barre à rideaux et des anneaux (si vous en avez de plusieurs dimensions, c'est mieux).

Découper des morceaux de 15 cm dans la barre à rideaux.  Si vous avez plusieurs diamètres de barre (et d'anneaux), peignez-les dans différentes couleurs.  Fixez-les sur un socle de bois. C'est fini!

Les petits enlèvent et replacent les anneaux.  Les grands s'écartent du socle et tentent de lancer les anneaux dans les barres.

 

Barre à rideaux et anneaux.JPG

07:26 Écrit par Stef dans Bricolage, Maternage | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |